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Renens son histoire
Renens, alors petit village rural, tire son origine dans un lointain passé à l'époque des invasions post romaines. Sous les Carolingiens et peut-être sous les rois burgondes déjà, la localité est le centre d'une circonscription administrative, la "Finis Runingorum" qui a une certaine étendue et semble toucher le territoire de la Cité, siège de l'épiscopat. |

Renens village | De ce fait, le sanctuaire Saint-Sauveur de Vidy, mentionné en 963, devient l'église paroissiale de Renens, ce qui est attesté en 1228. Cependant, au début du XIIIe siècle, le territoire de Renens est partagé entre deux pouvoirs: une famille noble de chevaliers de Rugnens qui avait joué un certain rôle dans la fondation de l'Hôpital de la Vuachère en 1202, et le chapitre de la cathédrale de Lausanne qui y possédait une prébende comprenant des biens à Prilly, Jouxtens et Mézery. Après la conquête bernoise et la Réformation, Renens est constitué en seigneurie avec Prilly et Mézery, et cela en faveur de Claude de Praroman, ancien chanoine du chapitre de Lausanne converti à la Réforme et originaire d'une famille fribourgeoise dont une branche venait de donner un bailli de Lausanne. Les nobles de Praroman possèdent la seigneurie jusqu'au milieu du XVllle siècle. A cette époque, le dernier des Praroman cède à Lausanne tous ses droits. Avec la Révolution vaudoise, Renens devient une commune libre et affranchie des droits féodaux. | L'histoire de la ville de Renens, telle que nous pouvons la voir en cette fin de XXème siècle, commence en 1875 lorsque la Compagnie de chemin de fer de la Suisse occidentale décide de créer une gare de triage au pied du coteau de Renens. | La nouvelle gare est mise en service le 1er juillet 1876; un bâtiment pour les voyageurs est achevé l'année suivante. Une vingtaine d'employés y trouvent de l'occupation. A partir de 1903, date du rachat du réseau de chemin de fer par la Confédération, le mouvement des marchandises et l'activité humaine s'accélèrent: près de 400 personnes y travaillent en 1910. Ces emplois en attirent d'autres: commerçants, artisans, architectes et maçons, industriels et ouvriers. Cette population nouvelle se regroupe autour de Renens-Gare et ne tarde pas à déborder sur les communes environnantes de Chavannes, Ecublens et Crissier. Quatre groupes s'y côtoient: les habitants du village restés agriculteurs, les employés de chemin de fer vaudois ou suisses, les ouvriers français des poteries regroupés en corporation afin de se réserver le monopole de leur industrie et les Italiens, ouvriers du bâtiment, apportant avec eux leurs coutumes et leur talent de constructeurs. C'est de ce milieu qu'émergèrent quelques entrepreneurs. Cette population des plus hétérogène pose de nombreux problèmes aux autorités locales encore paysannes. Petite commune rurale comprenant 63 maisons en 1827, la localité vit au XlXe siècle encore dans le rythme saisonnier des activités liées à la vigne et aux cultures. L'arrivée du chemin de fer à vapeur en 1856, puis la construction de la gare de triage en 1876 la transforment en quelques années en une ville industrielle sortie de terre sans grande préoccupation, dans un premier temps, d'organisation du territoire. | Le collège devenu Administration communale |
Une architecture de maisons contigues peu courante vue depuis le sud du chemin des clos. Remarquez les différentes transformations que chaque maison a subit au cours du temps (cheminée disparue, fenêtre ajoutée). | En 1900, Renens-Village est encore le centre administratif communal autour de la maison de commune et de l'école. Deux cents poses (une pose vaudoise = 45 ares) de terrains sont encore cultivées, et les deux pressoirs suffisent à peine aux besoins viticoles. | 
Renens-Gare (nord) cette rue deviendra la rue de Lausanne | L'abbaye de Renens organise des manifestations; elle est d'essence villageoise. Le changement est encore à l'état latent, comme en témoigne ce passage du jounal local du 5 octobre 1900: "L'augmentation rapide de la population nous présage le moment assez rapproché où Renens sera par Prilly un des faubourgs les plus vivants de Lausanne, égayé par le cornet d'alarme de nombreux tramways fendant la foule des promeneurs." C'était sans compter la voiture et les modifications qu'elle apportera. En 1910 déjà, les natifs ne représentent plus qu'un dixième de la population. Une ville nouvelle se constitue à côté et en dehors de l'ancien village qui garde, comme par le passé, ses 500 habitants alors que Renens-Gare en compte plus de 2000. Durant cette période, des structures urbaines et sociales se mettent en place. Un tramway relie Pully-Lausanne à Renens dès 1903. Des industries, des magasins et des bureaux s'ouvrent et créent un nouveau centre urbain. Toute une infrastructure urbaine avec des bâtiments, des écoles, des églises, est construite le long de routes et de places nouvelles. Une ville naît de ce mouvement. En même temps, le mouvement ouvrier s'organise dès 1902. Une Société de manoeuvres et maçons de Renens est fondée par la Muraria, organisation de défense des ouvriers italiens en Suisse. | | Dès 1921, cette première structure formera la base de la section FOBB de Renens. De son côté, le patronat crée en 1910 la Société industrielle et commerciale de Renens et environs. | Très rapidement, cette association met sur pied des cours pour jeunes ouvriers et ouvrières, sur le modèle des autres villes vaudoises; 64 élèves suivent les cours en 1911, Ces deux types de société ne sont que la part connue d'un mouvement social d'ensemble qui n'a pas encore été étudié et qui pourrait montrer comment, du village, Renens se transforme en cité urbaine avec son propre code de valeurs et ses coutumes. Grâce à la vie associative de ce début de XXe siècle, la société évolue d'une notion de communauté villageoise à celle de groupes se distinguant les uns des autres par des intérêts particuliers. Cependant, la répartition de cette population nouvelle sur Renens, Chavannes, Ecublens et Crissier pose de réelles difficultés de partage des compétences communales. En 1920, Renens pense à former une seule commune avec Lausanne, mais cette dernière refuse l'offre et propose que les quatre communes concernées fusionnent. Cette proposition n'a pas d'écho. En 1930, cet ensemble compte près de 8300 habitants alors qu'il n'avait que 1835 habitants en 1870. La complexité de cette situation reste conflictuelle jusqu'à ce qu'un terrain d'entente intercommunale soit trouvé. Peu à peu, la région tendra à former un réseau d'interdépendances aussi bien sur le plan urbain, politique que paroissial par la création, entre autres, d'un service intercommunal d'électricité, d'œuvre intercommunale d'entraide, etc. | 
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